
À partir du Xe siècle, le site de Langeais devient un point stratégique essentiel, situé à la
frontière entre le comté d’Anjou et celui de Blois. Installé sur un promontoire rocheux dominant la confluence de la Loire et de la Roumer, il permet de surveiller un axe de circulation majeur longeant la rive droite du fleuve. Dès cette époque, un seigneur contrôle cette position, comme en témoignent les vestiges d’une tour et d’une chapelle dédiée à Saint-Sauveur. Il s’agissait sans doute d’un castrum, équipé d’un donjon en pierre construit sur une motte, élément assez rare à une époque où le bois restait dominant, et associé à un espace résidentiel seigneurial, ou domicilium.
Dans le cadre de son expansion vers la Touraine, Foulques Nerra, comte d’Anjou, prend possession de Langeais en 994. Il y fait édifier une fortification importante. Ce bâtiment, comprenant un corps de logis dès l’origine conçu avec des fonctions défensives, est considéré comme l’un des premiers donjons en pierre dont les vestiges ont été conservés, comparable à celui de Doué-la-Fontaine, transformé en tour maçonnée vers 950.
La forteresse de Langeais adopte un plan carré. Elle est construite sur deux niveaux, percés de rares ouvertures, et protégée par une enceinte renforcée. Un fossé sec creusé à l’arrière vient compléter ce dispositif défensif, destiné à résister aux assauts des engins de siège.
Foulques Nerra perd momentanément le contrôle du site face aux forces de Thibaut II, comte de Blois, mais parvient à le reprendre en 1017, après l’avoir arraché à son successeur, Eudes II.
l’événement le plus marquant de château de Langeais est le mariage de Anne de Bretagne.



